Marie-Madeleine, l’apôtre des apôtres

Marie-Madeleine, l'apôtre des apôtresLe Pape a élevé la célébration de la mémoire de sainte Marie-Madeleine au rang de fête pour toute l’Église. Marie, fêtée le 22 juillet, est un exemple éminent d’une vie d’abord blessée par le péché, qui, restaurée par la miséricorde de Dieu, devient un modèle sûr de vie contemplative : « Grâcieuse fleur de Magdala, blessée par l’amour du Christ, fais brûler nos cœurs du feu de la charité », chantons-nous dans l’hymne des laudes ! Dans les textes de cette fête, nous contemplons l’élan du cœur de Marie-Madeleine vers son Seigneur ainsi que sa rencontre avec le Ressuscité.

 

Marie-Madeleine, amoureuse zélée

            « Je chercherai celui que mon âme désire ; je l’ai cherché ; je ne l’ai pas trouvé […] À peine les avais-je dépassés, j’ai trouvé celui que mon âme désire : je l’ai saisi et ne le lâcherai pas. » (1ère lecture, Ct 3, 1-4)

            Marie-Madeleine va au sépulcre car elle cherche le bien aimé, elle cherche des réponses, elle cherche une consolation, et peut-être a-t-elle au fond de son cœur cette espérance que tout n’est pas perdu, que le Christ qui a su la délivrer saura également se délivrer lui-même de la mort. L’ayant trouvé elle ne le délaissera plus jamais : « Toute ma vie je vais te bénir, lever les mains en invoquant ton nom. » (Ps 62) Au fond Marie-Madeleine nous montre le chemin de la vie d’oraison : chercher l’intimité avec Jésus, combler avec zèle ce désir du cœur ; c’est-à-dire aussi bien de l’âme que du corps ! Désir proprement amoureux qui se réalise pleinement et mystérieusement dans la communion eucharistique.

 

Dieu nous a aimés le premierDieu nous a aimé le premier

             Marie-Madeleine nous enseigne que le Christ nous a aimés le premier, et que c’est Lui qui se laisse chercher, c’est Lui qui se révèle. Il qui nous ouvre les yeux pour poser un regard de foi. Cet appel de Dieu est un appel personnel, unique : à l’évocation de son nom Marie reconnait son maître. C’est toujours Dieu qui est à l’initiative, c’est Lui véritablement l’Amoureux.

            Elle cherche une proximité physique avec Jésus, mais Dieu en veut plus, il souhaite une proximité de la foi : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. » (Évangile, Jn 20, 1.11-18) Plus besoin de se rendre au calvaire, à Jérusalem, car Dieu est présent partout, en chacun des baptisés, réellement présent dans chacune des églises. Cette quête devra se vivre dans la fidélité d’une vie donnée au Christ.

 

 Passer du romantisme à la foi

             Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : “J’ai vu le Seigneur ! ” (Évangile Jn 20, 17-18)

            Si c’est bien une relation amoureuse, ce n’est en aucun cas un amour romantique et exclusif, c’est-à-dire un amour idéalisé qui isole. Dieu lui-même est Trinité, la charité circule toujours. Il y a de l’altérité dans l’amour. Dans notre relation avec Dieu cette altérité est fécondité apostolique, élan missionnaire : l’amour de Marie-Madeleine, purifié par la foi, fait d’elle l’apôtre des apôtres, envoyée en mission par le Christ lui-même !

                                                  

Être attentifs à la présence de Dieu

             Au début de l’Évangile Marie-Madeleine pleure, elle ne se rend pas encore compte que Dieu est là présent, sous des traits qu’elle ne pouvait imaginer. Mais le Christ lui ouvre les yeux : « Quand tu t’adresses au jardinier, c’est ton Maître que tu contemples. » (Hymne des Laudes) De même le Christ se présente à nous sous des traits divers, des personnes et des situations rencontrées quotidiennement, qui sont autant d’occasions de nous unir à Lui. Apprenons avec Marie-Madeleine à reconnaître Jésus présent dans chacun de nos frères ! C’est ce que résume avec justesse Mgr Echevarria : « Cette fête nous donne l’occasion de nous souvenir de la vie de Marie-Madeleine, qui représente un résumé de la biographie de chaque chrétien : commencer et recommencer avec humilité ; aimer le Christ ; lui confier le poids des ombres qui souvent obscurcissent le chemin ; servir les autres avec un zèle croissant, là où il nous est donné de vivre. L’humanité a besoin de tels femmes et hommes capables de recourir sans repos à la miséricorde divine, fidèles au pied de la Croix, attentifs à écouter, dans les tâches ordinaires de chaque journée, leur propre prénom, des lèvres du Ressuscité. »