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« "A chacun, je demanderai compte de la vie de son frère" (Gn 9, 5) : la vie humaine est sacrée et inviolable. » (Jean Paul II, Evangelium vitae (L’Evangile de la vie), n° 52)
Le mot euthanasie (du grec ευ “bien” et θάνατος “mort”, littéralement “bonne mort”, c’est-à-dire mort dans de bonnes conditions) a été inventé par le philosophe anglais Francis Bacon (1561-1626).
Au XIXe siècle, le sens s’infléchit, d’abord sous l’influence de l’eugénisme dans le sens d’une élimination « douce » de populations « non désirables », puis d’élimination de ces populations, sans que le sens de « bonne mort » soit retenu.
Au XXe siècle, les pratiques dites d’euthanasie seront utilisées par le nazisme à partir de 1939 dans le cadre de l’élimination planifiée des juifs, des tsiganes et des autres populations considérées indésirables.
Avec les progrès de la médecine dans la préservation et le prolongement de la vie – et bien que le concept d’euthanasie soit loin d’être nouveau -, il réapparaît dans le débat politique dans les années 1970 en opposition avec la notion d’acharnement thérapeutique.
L’euthanasie est autorisée, sous conditions, dans certains pays européens, comme la Belgique et les Pays-Bas. En Suisse, si l’euthanasie est interdite, le suicide assisté est en revanche autorisé.
En France, si la loi réprime formellement l’euthanasie et le suicide assisté, entre 1998 et 2005 les textes règlementaires et législatifs ont cependant élargi les possibilités de cessation de l’acharnement thérapeutique et étendu les droits du malade « à une fin digne » ; et dans la pratique judiciaire, la plupart des affaires ressortissant à ces questions donnent le plus souvent lieu, depuis le début de la décennie 2000, à des non-lieux ou à des peines symboliques (comme dans l’affaire Vincent Humbert, en 2003). En 2008, Chantal Sébire qui avait demandé au président de la république, Nicolas Sarkozy, le droit de mourir dans la dignité sans avoir à se rendre dans un pays étranger acceptant l’euthanasie, n’a pu obtenir satisfaction.
Mais les dérapages et le spectre de l’eugénisme ne sont jamais loin : en Belgique, deux partis politiques influents réfléchissent à étendre le champ de l’euthanasie - jusqu’ici réservée aux adultes consentants - aux enfants et aux personnes âgées en état de démence…
« Chez les personnes, le désir de vivre et le désir de mourir fluctuent constamment. Ils sont susceptibles de changer à tout moment, et notamment en fonction de la qualité des soins, de l’accompagnement ou de la disponibilité des familles. Lorsque la douleur ou la dépression sont traitées, la demande disparaît. Mais la douleur ou la dépression ne sont pas seules en cause. La perte d’estime de soi, le sentiment d’être une charge pour son entourage, la honte d’avoir à offrir aux autres une image de soi dégradée engendrent, en effet, le sentiment que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue. (…) Ainsi, lorsque quelqu’un réclame la mort, est-ce cela qu’il désire profondément ? N’exprime-t-il pas, en sourdine, une toute autre demande : de relation, d’engagement, d’amour, que nous ne savons pas entendre ? » (Marie de Hennezel, psychologue clinicienne et psychanalyste en soins palliatifs, Nous ne nous sommes pas dit au revoir, Editions Robert Laffont, 2000.)
L’ADMD, Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité a été créée en 1980. Membre de la Fédération mondiale des associations pour le droit de mourir (World Federation of Right to Die Societies), l’ADMD. Elle milite pour le vote en France d’une loi légalisant l’euthanasie et le suicide assisté. Elle compte 44 000 adhérents (en 2008). Le 11 août 2006, par arrêté ministériel, l’ADMD était autorisée, avec d’autres associations, à représenter les usagers au sein des conseils d’administration des hôpitaux. Cette association s’est battue contre la loi protégeant la fin de vie et milite pour l’euthanasie au détriment des soins palliatifs : « Il s’agit d’un mouvement de lobbying qui cultive la transgression. On est en train d’institutionnaliser l’idéologie de mort, comme si, face à la souffrance à l’hôpital, la mort était la réponse la mieux adaptée. » (Xavier Mirabel, cancérologue et président de Alliance pour les droits de la vie http://www.adv.org). L’intitulé même de l’ADMD induit en erreur sur ses intentions comme le met en évidence le propos d’un Jean-Marie Le Guen, député français, qui réclame que : « le droit à mourir dans la dignité puisse devenir "un nouveau droit de l’Homme" ». L’amalgame est dans beaucoup d’esprits et les signatures de personnalités adhérentes viennent renforcer le poids d’une légitimité de l’euthanasie. L’ADMD souhaite faire du 2 novembre, jour où traditionnellement les catholiques célèbrent les morts, dans la mémoire et le recueillement, une journée mondiale pour la légalisation de l’euthanasie.
Dans la culture de mort qui est celle de notre temps, « réussir sa mort » - si l’on en croit ce type d’associations - implique de recourir à l’euthanasie…
L’euthanasie est en opposition directe avec le 5e commandement de l’Alliance avec Dieu : « Tu ne tueras point. » (Exode 20, 13 ; Dt 5, 17) « Repris et porté à son achèvement dans la Loi nouvelle, le précepte « tu ne tueras pas » demeure une condition à laquelle on ne peut renoncer pour pouvoir « entrer dans la vie »(cf. Mt 19, 16-19). » (Jean Paul II, Evangelium vitae (L’Evangile de la vie), n° 54)
« L’euthanasie est une grave violation de la Loi de Dieu, en tant que meurtre délibéré moralement inacceptable d’une personne humaine. Cette doctrine est fondée sur la loi naturelle et sur la Parole de Dieu écrite ; elle est transmise par la Tradition de l’Eglise et enseignée par le Magistère ordinaire et universel. Une telle pratique comporte, suivant les circonstances, la malice propre au suicide ou à l’homicide. » (Jean Paul II, Evangelium vitae (L’Evangile de la vie), n° 65)
« L’avortement et l’euthanasie sont donc des crimes qu’aucune loi humaine ne peut prétendre légitimer. Des lois de cette nature, non seulement ne créent aucune obligation pour la conscience, mais elles entraînent une obligation grave et précise de s’y opposer par l’objection de conscience. » (Jean Paul II, Evangelium vitae (L’Evangile de la vie), n° 73)
Les dangers qui menacent la vie et les plus faibles sur toute notre planète nécessitent un engagement des chrétiens pour défendre les valeurs de la Vie.
Jean Paul II, Evangelium vitae (L’Evangile de la Vie), n° 64-67, Mame/Plon, 1995
Marie de Hennezel, Nous ne nous sommes pas dit au revoir, Editions Robert Laffont, 2000
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